Friday, February 22, 2013

DAVFI : mise au point



Dans le cadre du projet DAVFI, en accord avec le chef de file du consortium Jérôme Notin, j'ai été amené à donner quelques interviews concernant ce projet. Je ne suis jamais chaud pour ce genre d'exercice mais dans le cadre d'un tel projet, financé en partie par l’État, il est sain de communiquer pour assurer le citoyen de sa bonne conduite de ce projet et le rassurer que l’État a eu raison d'accorder sa confiance. Et c'est le chef de file qui donne le La.

Lors de ce genre d'interview, il n'est pas possible de parler des aspects techniques, sans obligatoirement risquer de donner un avantage concurrentiel à la communauté antivirale commerciale. Cette dernière ne joue pas le jeu en conservant jalousement les malwares qu'elle collecte, nous privant d'un jeu de données capital pour valider nos propres techniques. Il serait donc contraire à l'esprit même du projet -- augmenter la souveraineté de l’État France -- de donner de tels détails. Malheureusement les journalistes doivent communiquer voire faire du buzz. Cela se traduit par des propos déformés, sortis de leur contexte voire des propos qui ne sont pas les miens et me sont complètement attribué 

De récents articles m'ont convaincu que ce genre d'exercice est dangereux et à éviter. Ce que je ferai à l'avenir.

Je veux juste préciser et rappeler que dans un tel projet, l'humilité doit être la règle et le maitre mot. Le financement est limité et il concerne un type de produit sur lesquels travaillent beaucoup de gens depuis des années. Donc ne serait-ce que par respect pour ces devanciers, même si je ne suis pas d'accord avec leur vision technique et commerciale, il convient de rester très humble. DAVFI ne prétend pas révolutionner les choses et je voudrais rappeler les principes qui nous guident :

  • l'humilité avant tout
  • le souhait du travail honnête et bien fait
  • contribuer à produire un outil ouvert, au moins aussi efficace que l'offre actuelle
  • répondre au souhait d'une souveraineté nationale retrouvée dans un domaine critique par la production d'un outil de confiance auditable facilement par l'Etat
  • proposer un modèle économique diffèrent où c'est le souci de la sécurité des utilisateurs qui est au centre 
  • essayer de traiter au mieux la problématique des codes inconnus utilisant des techniques connues, par des approches innovantes
  • proposer une rupture qui n'est pas tant technologique que celles des mentalités

Voilà. DAVFI c'est avant tout cela. Pour le reste et les détails techniques, nous serons jugés sur pièces le moment venu. Et pour ma part le jugement final de l’Etat et de ses citoyens est le plus important.

E.F.